1 mai 2007

Blogues corporatifs et marketing - Réponse au billet de Stéphane Gauvin

Suite à mon billet de la semaine dernière où je contredisais Stéphane Guérin, celui-ci à fait suivre son billet et le mien à son professeur de marketing, Stéphane Gauvin, qui commente nos deux billets ici.

Comme ma réponse au commentaire de Stéphane Gauvin (je sais que c'est un peu mêlant le fait qu'ils s'appellent tous les deux Stéphane) est un peu longue, je me suis dit que je la mettrais ici.
Vous dites: La question intéressante est de savoir si un blog corporatif est assimilable à une activité de relation publique, à une activité publicitaire, ou les deux à la fois, selon les circonstances.

Si c'est ça la question, la réponse est facile: les deux à la fois, selon les circonstances. Ou, en clair, ça dépend.

Il y a deux raisons pour lesquelles j'ai contredit Stéphane Guérin: la limitation des définitions des types de blogues (je fais le postulat qu'il y a autant de types de blogues qu'il y a de types de blogueurs multiplié par le nombre d'objectifs que chacun d'entre eux se fixe) et l'inadéquation entre les objectifs qu'il identifiait (essentiellement des objectifs de RP) et la discipline qu'il identifiait (le marketing).

Selon la SQPRP, les relations publiques sont "une fonction de direction, de gestion et de communication visant à établir, maintenir et promouvoir des relations de confiance, fondées sur la connaissance et compréhension mutuelle entre un organisme et ses publics, respectant leurs droits et leurs besoins".

Quand je regarde les objectifs évoqués par Stéphane, je trouve que ça ressemble pas mal à ça, plutôt qu'à créer de la valeur auprès d'une cible, pour reprendre vos termes.

Je vais avoir l'air d'un vieux chialeux (ça ne serait pas la première fois) mais j'ai aussi un petit problème avec votre billet.

Vous dites aussi: Ma première réaction est de dire que les activités couvertes par les relations publiques sont habituellement considérées comme étant un sous-ensemble des activités marketing.

Pas vraiment. Les relations gouvernementales et les communications internes ne sont que deux exemples d'activités reliées aux RP qui ne visent pas à créer de la valeur auprès d'une cible, pour reprendre vos termes. Il n'y a que les gens de marketing qui pensent que les RP sont un "sous-ensemble" du marketing ;-)

Cela étant écrit, je suis plutôt d'accord avec vous qu'avec la venue du web, les définitions que nous utilisions quand j'ai commencé dans le domaine sont en voie de devenir caduques.

Respectueusement,

MS

4 commentaires:

Stephane Gauvin a dit...

:)

J'écrivais que MA PREMIERE réaction était de penser que RP est un sous-ensemble du marketing.

J'ajoute immédiatement que je ne vais pas mener une longue bataille pour savoir quoi appartient à quoi. Juste souligner pour ceux que ça intéresse que les étudiants en administration apprennent généralement que RP appartient au marketing. Alors que ceux qui sortent de communication vont dire que RP est différent de marketing. Votre point (relations avec gouvernements et employés) est un bel exemple de zone grise.

Le point "important" que je faisais dans mon billet est que la réglementation ignore les questions de paternité. Si un blog corporatif adopte un ton assimilable à de la publicité, vraisemblablement le blog sera soumis aux règles en vigueur (i.e. être prudent avant de cibler un blog sur les enfants si le contenu a des visées commerciales / attention aux blogs si vous êtes soumis aux interdictions professionnelles / attention au langage, etc.

Michelle Sullivan a dit...

les étudiants en administration apprennent généralement que RP appartient au marketing.

M. Gauvin

Merci pour la précision car, oui, votre commentaire m'intéresse. Beaucoup, même.

Avec respect:

La SQPRP/le CPRS a une campagne de RP a mener auprès des chefs des dépts. d'administration de nos universités, si ce que vous dites est vrai (en je n'en doute pas). Si ceux-ci ne comprennent pas l'importante distinction entre les RP et le marketing, on a un problème. Ce n'est pas parce que quelques grandes entreprises regroupent les RP sous la direction d'un VP marketing, pour des raisons budgétaires (pour ne pas dire d'ignorance), qu'on devrait enseigner que c'est du pareil au même. Chacun a des responsabilités précises et des rôles très différents à jouer.

Pour ce qui en est de votre point 'important', le fait qu'un blogue corporatif adopte un ton assimilable à la publicité ne fait que démontrer que le département marketing de l'entreprise comprend l'importance des médias sociaux et que le département des RP de la même entreprise n'a pas su s'affirmer ou, pire encore, baigne dans l'ignorance totale. Je crains la réponse...

Boum a dit...

Si un blog officiellement utilisé pour faire des relations publiques se transforme en blog publicitaire, la Cour traitera le contenu de celui comme de la publicité, ça me semble une évidence et ça tombe sous le sens. Tu mentionnes que la réglementation ne se préoccupe pas de la paternité. Je ne suis pas d’accord.

La question de la paternité (ou de la qualification) peut engendrer, au niveau juridique, des conséquences assez importantes. Par exemple, les restrictions que tu mentionnes existe car la publicité (certaines forme, car, par exemple, la publicité éducative serait permise lorsqu’il serait question d’enfants; Arrêt Irwin Toys) ne ferait pas partie du « cœur » du droit à la liberté d’expression garanti par la Charte canadienne. La Cour mentionne :

« Les demandes touchant la liberté d'expression doivent être examinées en fonction du lien relatif qu'elles ont avec des valeurs encore plus fondamentales, dont la découverte de la vérité dans les affaires politiques et dans les entreprises scientifiques et artistiques, la protection de l'autonomie et de l'enrichissement personnels et la promotion de la participation du public au processus démocratique. Lorsque les mesures gouvernementales menacent ces valeurs, elles doivent être examinées rigoureusement. Lorsque l'expression en cause s'écarte beaucoup de l'«essence» des valeurs de la liberté d'expression, le critère de justification appliqué peut être moins rigide.» (référence : RJR-MacDonald)

Dans ce même jugement, la Cour écrit :

« Il faut rappeler que la publicité du tabac ne sert aucune fin politique, scientifique ou artistique et qu’elle ne favorise pas la participation au processus politique.» Est-ce que c’est clair. :-)

À la lumière de ce qui est écrit ci-haut, il est permis de se demander, advevant une cause touchant les relations publiques, si celles-ci se verraient appliquer la loi de manière moins restrictives que dans le cas de la publicité.

Se réclamer du droit à la liberté d’expression pour justifier des activités de relations publiques me semblerait plus fructueux*. La question de la paternité pour reprendre tes termes, reprendrait vite son importance.

* Je ne suis pas avocat et cette affirmation, comme la totalité de ce texte, ne constitue pas un avis juridique.


Référence :
Irwin Toy Ltd. c. Québec (Procureur général), [1989] 1 R.C.S. 927.
RJR-MacDonald Inc. c. Canada (Procureur général), [1995] 3 R.C.S. 199

Boum a dit...

Avant que quelqu'un d'autre le note, je tiens à préciser que les citiations de mon message précédent ne sont pas de la Cour en tant que tel, mais des juges dissidents (5 contre 4). mea culpa.

Ceci dit, ça ne change rien au fond de mon message sur l'importance des fondements des RP ou de la publicité.