26 août 2011

Luc Ferrandez n’a pas raison

Source photo: http://radicarl.net/ 
Non Patrick, au fond, Luc Ferrandez n’a pas raison. À moins qu’on se limite aux diagnostics. Parce que lorsqu’on regarde les solutions qu’il propose, ça ne marche pas, mais alors pas du tout.

M. Ferrandez identifie l’étalement urbain comme un problème qui a pour conséquence que les gens habitent, de plus en plus, à l’extérieur de la ville mais viennent y travailler en auto. C’est là un problème identifié, notamment, par Jane Jacobs dans le magistral Death and Life of Great American Cities (publié en 1961!) et qui fait consensus chez tous ceux qui s’intéressent à la question du développement montréalais depuis au moins le milieu des années 90.

Je me souviens très bien avoir entendu Jean Doré s’en plaindre alors qu’il était maire!

L’étalement urbain (et son corolaire, l’automobile) est la conséquence des poids politiques relatifs de Montréal et de ses banlieues sur l’échiquier québécois.

Les partis politiques québécois se balancent de Montréal et se préoccupent des banlieues. La première n’a pas d’influence sur le résultat des élections (on sait déjà comment se terminera l’élection dans la grande majorité des comtés de l’île) et les deuxièmes ont un poids prépondérant (les élections se gagnant dans le 450 et le 819).

Qu’il soit bleu ou rouge, à chaque fois que le gouvernement accepte de dézoner une terre agricole pour y permettre de la construction résidentielle, qu’il élargit une route ou prolonge une autoroute, ou qu’il refuse la diversification des sources de revenus de la Ville de Montréal, c’est une autre invitation en or aux jeunes familles de continuer à « drive until you can buy ».

Les banlieues sont donc de plus en plus attirantes pour les automobilistes. Soit.

Là où le bât blesse, c’est quand la solution de M. Ferrandez est rendre la ville moins intéressante pour ceux-ci!

C’est vrai, les résidants du Plateau (et j’en suis) ont un comportement exemplaire en matière de transport. Proportionnellement, ils utilisent plus la marche, le vélo et les transports en commun dans leurs déplacements que leurs concitoyens. Ils sont également sont moins susceptibles d’être propriétaire d’une auto. En parallèle, notamment à cause de leur situation géographique (près du centre-ville et de la montagne), ils vivent la situation totalement inéquitable de voir des centaines de milliers d’automobilistes traverser le territoire sans s’y arrêter.

Les automobiles qui transitent par le Plateau, je connais!

Mais voyez-vous, près de la moitié des ménages du Plateau sont également propriétaires et utilisateurs d’une auto. Et quand ces résidants les utilisent, ils devraient pouvoir le faire sans se faire suer (et je me retiens de ne pas utiliser un autre verbe ici!) par leurs élus.

Ce n’est pas en congestionnant les rues locales du Plateau et en diminuant la qualité de vie de ses résidants (qu’ils soient automobilistes ou non) que nous désengorgerons les routes de la région métropolitaine.
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