18 juillet 2011

Bannir les médias sociaux au travail, c'est contre-productif!


La majorité des PME américaines interdisent l'usage personnel des médias sociaux au travail (en fait 62%), selon une étude réalisée par la firme américaine de sécurité Panda (un fournisseur de produits antivirus). 

Je reconnais des risques à l’utilisation des médias sociaux au travail : productivité réduite, introduction éventuelle de virus dans le système, coût de la bande passante, etc. Mais j’affirme que, malgré ces risques, c’est là une décision contre-productive.

Avec l'avènement des ordinateurs personnels à la maison et l’augmentation fulgurante de l'utilisation des téléphones intelligents, nous utilisons nos interfaces avec Internet partout. Tout le temps. Et on s’améliore sans arrêt.

Dans ce contexte, les technophiles et, à plus fort titre leurs enfants,  ont de la difficulté à comprendre (et à accepter!) que leur lieu de travail ne fonctionne pas comme dans la «vraie» vie. Parce l’accès à Internet et aux médias sociaux, ça fait partie de la vraie vie.

La différence entre le travail et partout ailleurs, c'est que, au travail, nous sommes limités dans nos choix numériques. Nous sommes limités par la capacité d'investissement de l’entreprise, ses exigences de formation, ses choix technologiques et ses préoccupations de sécurité. Dans notre vie à l’extérieur du travail, nous surfons avec nos navigateurs et interfaces préférés, nous utilisons Google pour effectuer des recherches, nous partageons des photos sur Flickr et des vidéos sur YouTube, nous mettons des gens dans des Cercles sur Google+, nous avons des amis sur Facebook, nous avons des contacts sur LinkedIn et nous suivons l'information sur Twitter. Mais dans notre vie professionnelle, les mêmes options ne nous sont pas données. L'accès nous est refusé lorsque nous installons certains logiciels (et même des mises à jour) ou visitons certains sites.

Les organisations devraient reconsidérer ces restrictions et de les comparer aux opportunités présentées. C'est économiquement absurde de ne pas accepter de telles pratiques dans le milieu de travail en se basant sur le fait que nous avons acquis de tels outils pour échanger, partager, discuter, socialiser, de recherche, jouer, apprendre ou acheter. Alors pourquoi ne pouvons-nous regarder le profil de notre collègue ou rechercher une publication ou un document aussi facilement au bureau comme nous le ferions à la maison?

Une nouvelle fracture numérique pourrait survenir entre les utilisateurs «professionnels» et «personnel». Pour la première fois de la (courte) histoire du numérique, les véritables innovations proviennent d'une utilisation personnelle. Combien d'entre vous gérez votre agenda sur votre téléphone parce que c'est plus pratique, sans aucun moyen de le synchroniser avec votre ordinateur de bureau? Combien utilisez les services d'échange de fichiers tels que Dropbox à des fins professionnelles parce que votre compagnie limite la taille des fichiers à échanger?

C'est maintenant aux entreprises de trouver des façons novatrices de gérer l'utilisation «personnelle» des dispositifs en entreprise. C'est une situation gagnant-gagnant. 
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